Qu’est-ce que la dengue ?
Qu’est-ce que la dengue hémorragique ?
La dengue hémorragique est une forme grave de la dengue, qui provoque des saignements à l’extérieur du corps (saignements de nez par exemple) ou à l’intérieur du corps (hémorragies internes).
Comment se fait la transmission du virus ?
La transmission du virus s’effectue uniquement par la piqûre du moustique vecteur du genre Aedes. Ce sont des moustiques qui piquent essentiellement le jour. Pour transmettre la maladie, le moustique doit être porteur du virus de la dengue. Le moustique prélève le virus en piquant une personne atteinte de la maladie pendant la brève phase où le virus est présent dans son sang (virémie) et c’est ainsi qu’il se contamine. Le développement du virus chez le moustique dure en moyenne 10 jours et comporte une amplification virale dans son abdomen puis dans ses glandes salivaires. On considère qu’un moustique reste infectant toute sa vie.
Il pourra transmettre à son tour le virus à une personne saine.
Le cycle classique du virus chez l’homme est composé d’une incubation avec réplication virale de quelques jours, suivie d’une phase virémique de 5 jours, puis d’une montée d’anticorps protecteurs définitifs contre le sérotype concerné (pour être immunisé définitivement contre la dengue, il faudrait faire 4 épisodes de dengue, chaque fois avec un sérotype différent !).
Le moustique peut piquer toute sa vie, il ne meure pas après la piqûre. Même si le moustique est porteur du virus il n’en est pas malade et ne meurt pas prématurément (point à stipuler du fait des croyances locales erronées en la matière)
Y a-t-il une transmission du virus d’homme à homme ?
Il n’y a pas de transmission naturelle du virus directement d’homme à homme. La transmission se fait uniquement par le biais du moustique vecteur. Les personnes atteintes de la dengue ne sont donc contagieuses ni par contact, ni par le biais des postillons. Néanmoins, la transmission artificielle par la transfusion sanguine et la greffe est possible, d’où les mesures de précaution prises pour écarter notamment du don du sang les personnes atteintes de la maladie, et celles concernant la prévention des accidents d’exposition au sang.
La dengue peut-elle s’attraper en buvant de l’eau ?
Il n’y a aucun risque d’attraper la dengue en buvant de l’eau, même si cette eau contient des œufs de moustiques.
Le virus peut-il se transmettre de la femme au fœtus ?
La transmission du virus de la mère à l’enfant n’avait jamais été rapportée jusqu’à présent dans la littérature, mais ces données évoluent, avec de très rares signalements.
En Guyane, un cas de transmission materno-fœtale a été identifié. La transmission aurait eu lieu lors de l’accouchement : il s’agirait donc plutôt d’une transmission materno-néonatale.
Y a t-il des tranches d’âge qui sont plus touchées par la dengue ?
Non, car le moustique peut piquer tout le monde. Néanmoins, dans un pays où les différents sérotypes du virus ont circulé, les personnes âgées peuvent avoir acquis une immunité pour certains sérotypes, voir pour les 4, en ayant contracté le virus dans le passé.
La dengue touche t-elle les animaux ?
Des animaux ont été détectés positifs pour le virus de la dengue ; des recherches sont actuellement en cours pour savoir s’ils peuvent avoir un rôle actif en tant que réservoirs du virus ou s’ils sont seulement des "victimes".
Quel est le réservoir de la dengue ?
La réponse à cette question n’est pas évidente. Pour cela, il faut considérer les quatre points suivants (1) l’homme ou le singe sont les seuls vertébrés trouvés porteurs du virus ou des anticorps spécifiques (2) ces hôtes vertébrés font une virémie courte de l’ordre de quelques jours suivie d’une immunité définitive, (3) le moustique vecteur reste infectant toute sa vie, soit jusqu’à trois mois, (4) le moustique femelle peut parfois transmettre le virus à sa descendance (on parle da transmission verticale). C’est ainsi que la notion de vecteur-réservoir a été développée, signifiant que le moustique est à la fois le vecteur et le réservoir du virus.
Les singes en Afrique sont les hôtes vertébrés naturels et les amplificateurs du virus DEN-2.
Où la dengue sévit-elle dans le monde ?
La dengue est l’arbovirose la plus répandue dans le monde. Les deux-cinquièmes de la population mondiale sont exposés à ce risque. La maladie est maintenant endémique dans plus de cent pays d’Afrique, des Amériques (y compris la Caraïbe), de la Méditerranée orientale, de l’Asie du Sud Est et du Pacifique occidental. Pour la seule année 2001, il y a eu plus de 609 000 cas de dengue dans les Amériques, dont 15 000 cas de dengue hémorragique. Depuis le début de l’année 2005, plusieurs pays de la Caraïbe (Barbade, Belize, Cuba, Guyana, Jamaïque, Sainte Lucie, Surinam, Trinidad et Tobago, Iles Turks et Caicos) ont signalé des cas de dengue. Une recrudescence de cas de dengue est observée depuis le mois de juin 2005 aux Iles vierges. Le même phénomène est observé dans certains pays d’Amérique Centrale et du Sud (Brésil, Costa Rica, Colombie, Equateur, Honduras, Mexique, Nicaragua, Pérou, Puerto Rico, Venezuela) et en Asie (Malaisie, Inde, Indonésie et Singapour).
Combien de personnes sont atteintes aujourd’hui ?
Soixante à 100 millions de personnes sont infectées par la dengue « classique ». chaque année dans le monde. La forme grave de la maladie, la dengue hémorragique, est en recrudescence dans plusieurs régions intertropicales, et est responsable de plus de 20 000 morts par an, particulièrement chez les enfants de moins de 15 ans.
Un point actualisé est disponible sur le site internet de l’InVS.
Les pays limitrophes de la Guyane, et notamment le Brésil et le Surinam, sont également touchés.
Pourquoi la dengue est différente cette fois-ci en Guyane ?
L’épidémie de novembre 2005 à juin 2006 était liée quasi exclusivement au sérotype DEN-2, et etait d’importance élevée. L’Ouest (inhabituellement) et le littoral guyanais était touchés par cette épidémie. Ce sérotype 2 était responsable de la majorité des formes sévères.
La Guyane avait connu de mai 2004 à septembre 2005, une épidémie de dengue de plus faible ampleur, majoritairement due au sérotype DEN-3.
Quels sont les symptômes de la dengue ?
La dengue est généralement bénigne. Elle ressemble à une grippe avec des symptômes que l’on retrouve dans la plupart des maladies infectieuses. La dengue "classique" se manifeste brutalement après 2 à 7 jours d’incubation, par l’apparition d’une forte fièvre souvent accompagnée de frissons, de maux de tête, de nausées, de vomissements, de douleurs articulaires et musculaires, d’un malaise général et d’une éruption cutanée vers le 5è jours des symptômes (plaques rouges).
Ces manifestations varient d’un malade à un autre. Certaines personnes ne présentent aucun de ces signes, et on parle alors de dengue asymptomatique.
Au bout de 3 à 4 jours, une brève rémission (ou amélioration) peut être observée, puis les symptômes peuvent s’intensifier - avec possibilité de survenue d’hémorragies des conjonctives, des saignements de nez ou d’ecchymoses - avant de régresser rapidement au bout d’une semaine. La dengue évolue sur une semaine à 10 jours et est suivie d’une fatigue pouvant persister plusieurs semaines. La guérison s’accompagne d’une convalescence d’une quinzaine de jours. Sous cette forme, la dengue, bien que fortement invalidante (pouvant gêner les activités quotidiennes), n’est pas « dangereuse ».
La dengue peut, dans sa forme grave, revêtir trois formes :
Pourquoi y a-t-il des saignements ?
Lors de la dengue hémorragique, les saignements surviennent principalement en raison de la baisse du nombre de plaquettes dans le sang (thrombopénie). Les plaquettes sont des cellules du sang, utiles pour arrêter les saignements.
Les symptômes apparaissent combien de temps après la piqûre ?
La dengue survient 2 à 7 jours après la piqûre infectante d’un moustique. L’incubation est ordinairement de 7 jours et de 1 à 15 jours dans les situations extrêmes.
Comment être sûr qu’il s’agit d’une dengue ?
Pour confirmer que les symptômes observés sont bien liés à la dengue, une prise de sang est nécessaire pour rechercher la trace du virus. Le diagnostic virologique est utile à la fois pour éliminer un diagnostic de paludisme, pour la prise en charge des patients avec diagnostic certain, pour les systèmes de surveillance de santé publique afin de lancer l’alerte, de suivre la tendance épidémique et le sérotype en circulation et pour orienter les moyens de lutte anti-vectorielle.
Si le patient est vu dans les 4 premiers jours après l’apparition des symptômes (lorsque la virémie est présente), le test NS1 sera privilégié suivi d’isolement viral par technique de RT PCR (reverse transcriptase - polymerase chain reaction) qui permettra de connaître quel est le type de virus (1 à 4). Il existe aussi un test antigène mais qui présente une sensibilité de l’ordre de 90% seulement. Au-delà de la période de virémie, une recherche sérologique d’anticorps est le seul examen de confirmation disponible.
Quels autres examens complémentaires sont nécessaires ?
Le médecin pourra prescrire une numération formule sanguine, notamment pour la surveillance du taux de plaquettes, ainsi que d’autres constantes biologiques (pouvant être perturbées en cas de dengue).
Peut-on être atteint plusieurs fois de la dengue ?
Il existe quatre types de virus de dengue (dengue 1, 2, 3, 4). Lorsqu’une personne est infectée par l’un des virus, elle va développer des anticorps qui la protègeront désormais contre ce type de virus. Cependant, il reste 3 autres formes. Une personne ne sera donc totalement et définitivement protégée que lorsqu’elle aura fait 4 accès de dengue avec 4 sérotypes différents au cours de sa vie.
Quand faut-il consulter un médecin ?
Il faut consulter un médecin en Guyane si l’on a de la fièvre, des courbatures, des maux de têtes, de la fatigue…. En dehors de la dengue, le paludisme est également présent en Guyane et doit être traité précocément. Avant la consultation, il ne faut pas prendre d’aspirine ou d’anti-inflammatoire.
Existe-t-il un traitement contre cette maladie ?
Il n’existe à ce jour ni vaccin, ni traitement spécifique anti-viral. Le traitement est symptomatique, en évitant l’aspirine et les anti-inflammatoires, susceptibles d’aggraver des saignements.
Des études sont en cours pour tester des médicaments.
Pour lutter contre les symptômes de la maladie, le médecin pourra prescrire un traitement par paracétamol contre la fièvre, contre les douleurs.
Il faut impérativement éviter la prise d’aspirine et d’anti-inflammatoires.
Existe-t-il un vaccin contre la dengue ?
Actuellement, il n’existe pas de vaccin contre la dengue. Des études sont en cours.
La dengue est-elle une maladie contagieuse ?
La dengue ne s’attrape pas directement d’un individu à un autre. En Guyane, seule l’espèce Aedes aegypti est capable de propager ce virus à l’homme.